100 ème jour - lettre ouverte au ministre

Publié le par Comité soutien Sara Camara

Monsieur Sarkozy,

En ce 10 mai, journée nationale de commémoration de l’abolition de l’Esclavage, nous célébrons un bien triste anniversaire.

Notre collègue et ami Sara Camara entame son 100 ème jour de « punition » infligée par l’administration française, pour cause d’honnêteté.

Le nom de Sara Camara ne vous est pas étranger puisque Monsieur Julien Dray vous a relaté sa situation ubuesque lors du débat sur l’immigration, à l’Assemblée Nationale, vendredi dernier.

Sara est Malien. Il est arrivé en France, de façon clandestine, il y a plus de 15 ans pour fuir la misère de son pays et donner un espoir de vie meilleure à sa famille.

Recruté, au noir, par des sociétés de nettoyage, il a été amené à travailler au sein des Monuments nationaux. Son sérieux et son efficacité ont vite été remarqués, et la Direction Régionale des Affaires Culturels, puis le Centre des Monuments Nationaux, ont souhaité l’engager et le contractualiser comme agent d’entretien à la Conciergerie de Paris. Depuis plus de 13 ans, il remplissait son rôle avec compétence et talent. Il avait tissé des liens professionnels et amicaux avec tous ses collègues. Il prenait des cours de français depuis plus de 10 ans…Bref, il avait tout fait pour s’intégrer au mieux dans la société qu’il avait choisie. Seule ombre au tableau, Sara avait du « emprunter » l’identité de son oncle (qui portent les mêmes nom et prénom que lui) pour pouvoir travailler pour l’administration. Ce n’est certes pas légal, mais ce n’est pas un crime au regard de la vie de sacrifice qu’il mène depuis plus de 15 ans pour faire vivre sa famille, au sens large du terme.

Cette faute, c’est Sara lui-même qui l’a avoué il y a quelques mois car il en avait assez. Assez de mentir à ses collègues et à son employeur, assez de cotiser pour des prestations auxquelles il n’avait pas accès (retraite, maladie, chômage…), assez de porter seul ce lourd fardeau, assez de ne pas pouvoir mener une vie de famille normale…Sara a donc tout révélé avec la plus grande honnêteté en adressant un courrier, avec tous les éléments relatifs à son parcours, à la préfecture de Seine-Saint-Denis le 29 novembre dernier. Pour le remercier de son geste courageux, la préfecture a envoyé une lettre au Centre des Monuments Nationaux pour exiger son licenciement immédiat ! L’administration a donc décidé de le condamner avant de le juger, de le condamner à demeurer sans revenus, de le condamner à la précarité, à l’humiliation, de le condamner comme s’il était un délinquant alors que tous ses collègues ont témoigné de son comportement irréprochable durant toutes ces années…

La France est le pays des Droits de l’Homme et elle ne peut pas tolérer une telle situation. Notre pays ne peut pas jeter à la rue, du jour au lendemain, un être humain. C’est pourtant ce qui se passe avec Sara Camara depuis le 31 janvier 2006 ! Et ce malgré les nombreuses interventions, auprès de la préfecture de Seine-Saint-Denis, d’élus (de droite comme de gauche), des collègues de Sara, de personnes émues par cette histoire…  

 

« Loin d’être une mesure de fermeture, la mesure que je propose est donc une mesure d’ouverture ! ».

Ce sont vos propres paroles prononcées le vendredi 5 mai dans l’hémicycle de l’Assemblée Nationale.

M. Sarkozy,  Sara Camara aime la France et il ne veut pas la quitter. Il veut juste pouvoir retrouver son travail en toute légalité. Alors, ouvrez-lui la porte que la préfecture lui a claquée à la figure !

Vous avez également dit que les critères d’ordre humanitaire et social devaient être pris en compte dans le traitement des dossiers des personnes immigrées. Nous pouvons vous affirmer que ce n’est pas le cas actuellement, bien au contraire ! L’histoire de Sara n’est malheureusement pas un cas isolé.

Il faut que Sara Camara soit régularisé, pas dans quelques semaines ou dans quelques mois, mais tout de suite ! Et quel plus beau symbole pourrait-il y avoir que de le faire en cette 1ère journée nationale de commémoration de l’abolition de l’Esclavage ? Vous feriez ainsi preuve de votre humanisme et de votre générosité, et la France donnerait d’elle une image beaucoup plus respectable que celle d’un  pays englué dans de sombres règlements de compte politiques.

Pour Sara Camara, pour toutes les personnes issues de l’immigration qui se trouvent dans des situations humaines plus que difficiles, et pour tous les français qui veulent continuer de pouvoir affirmer que leur pays est bien celui des Droits de l’Homme, d’avance merci Monsieur. Sarkozy.

Si vous souhaitez nous rencontrer afin que nous puissions discuter de tout cela, nous sommes disponibles.

Comité de soutien de Sara Camara

http://soutien-sara.camara.over-blog.com/

 

 

Publié dans soutien-sara.camara

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Aimé de Paris 10/05/2006 11:28

Bonjour,
Aujourd'hui, journée nationale de commémoration de l'abolition de l'esclavage....
Noble combat que le vôtre !
De tout coeur avec vous et je souhaite à votre ami Sara Camara, une rapide régularisation... A la lecture de son histoire, il le mérite...