Régularisation de Sara Camara - Y'a Urgence !

Publié le par Comité soutien Sara Camara

Sara Camara est malien. Il travaille depuis 13 ans à la Conciergerie (donc pour le Centre des Monuments Nationaux, qui dépend du Ministère de la Culture), en tant qu'agent chargé de l'entretien du monument ! Ou plutôt travaillait, puisqu'il se retrouve sans travail, et donc sans revenus, depuis le 31 janvier dernier, après avoir révélé lui-même sa situation irrégulière (il n'avait eu d'autre choix que « d'emprunter » l'identité de son oncle pour pouvoir travailler) et entrepris des démarches pour demander sa régularisation.
Il a déposé auprès des services de la préfecture de Seine-Saint-Denis un dossier de demande de régularisation de situation, le 14 février 2006. Suite au dépôt de son dossier, il a obtenu un document officiel qui lui permet de circuler en toute légalité sur le territoire français...mais il n'a pas le droit de travailler pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille au Mali ! Aujourd'hui, il se retrouve sans aucun revenu (pas de droits aux aides sociales, sécurité sociale, Assedic... malgré 13 années de cotisations...).
L'indifférence de l'administration dans le traitement du dossier de Sara Camara le rend complètement marginal d'un point de vu social et le met dans une situation financière plus que précaire. Comment peut-on vivre en France sans revenu, sans aide, sans papiers "hormis un récépissé l'autorisant à se "déplacer" tout en gardant sa dignité et en voulant rester honnête ?
Depuis cette date, ses collègues et ses amis se sont manifestés nombreux et de diverses manières afin de lui manifester un soutien total. La mairie de Montreuil, M. le maire de Bondy, la CGT-Culture, le directeur du Centre des Monuments Nationaux, M. Accoyer (député et président du groupe UMP à l'Assemblée Nationale), M. Jacques Mahéas (sénateur du groupe socialiste de la Seine-Saint-Denis) ont écrit à M. le préfet de Seine-Saint-Denis pour le sensibiliser à l'histoire très particulière de Sara Camara (pour rappel il a travaillé pendant 13 ans pour l'administration française..).
Les journaux « Libération » et « Le Parisien » ont consacré des articles à cette histoire et France 3 un reportage diffusé le 24/03/06. « Le Nouvel Observateur » a diffusé sur son site internet la lettre ouverte à M. Nicolas Sarkozy qu’a rédigé le comité de soutien de Sara Camara à l’occasion de son 100ème jour d’exclusion (10 mai 06)
M. Julien Dray a pris en exemple le cas de Sara lors du débat sur l’immigration à l’Assemblée, qui plus est devant M. Sarkozy. Messieurs. Braouzec et Mamère se sont également déclarés solidaires avec Sara et soutiennent totalement sa « nécessaire » régularisation…
 
Résultat de cet élan de solidarité venu de tous horizons ? Rien ! Au jour d'aujourd'hui, Sara Camara n'a toujours pas reçu de nouvelles de la préfecture de Seine-Saint-Denis. Il est dans une situation extrêmement précaire sur le plan financier et qui devient de plus en plus difficile à vivre au niveau psychologique.
Ses amis et collègues n'ont pas non plus reçu de réponses à leurs nombreux courriers, pétitions, et mails.
Les seules réponses dont nous ayons eu échos (mairie de Montreuil, CGT-Culture, et M. le maire de Bondy), ne nous rendent pas très optimistes puisque les services de la préfecture disent, en substance, « il y a eu fraude, donc il n'y aura pas de régularisation..» ! C'est-à-dire que l'on s'arrête à la première page d'un dossier, celle où Sara Camara fait état de sa situation, qui en comprend plus de 120 (contrats, fiches de paie, attestation de cours de français, témoignages de soutien de sa hiérarchie et de ses collègues) ! C’est-à-dire que l’on ne prend absolument pas en compte l’aspect humain de ce dossier (pourtant M. Sarkozy l’a redit dernièrement à l’Assemblée, «les critères humains et sociaux doivent être pris en compte dans le traitement de ce genre de dossier» !). C’est-à-dire enfin que, à cause de son honnêteté, Sara s’est vu brutalement mettre à la porte de la société !
Cette situation est totalement indigne d'un pays prétendant appliquer les Droits de l'Homme. Il est temps que la porte s’ouvre de nouveau et que Sara Camara puisse retrouver la place qui était la sienne. Son travail et ses collègues l’attendent. Il y a véritablement URGENCE maintenant !
Il faut que la mobilisation face à la préfecture de Seine Saint-Denis soit plus forte que jamais. L’administration n’a pas le droit de précariser ainsi des êtres humains, c’est proprement honteux !
Nous nous tenons bien entendu à votre disposition si vous souhaitez avoir plus de précisions sur cette affaire. Merci beaucoup de l'aide que vous voudrez bien apporter à Sara Camara, afin de mettre fin à cette situation ubuesque.
Comité de soutien de Sara Camara

Publié dans travail

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maryline guillemain 19/05/2006 13:38

Bonjour,
Je vous soutiens dans votre démarche, des cas comme lui, j'en connais à Limoges où les expulsions pleuvent, une de nos amies africaine (Itoane) a été expulsée le 11 mai, son mari français pure souche et sa famille la pleure tous les jours.
Ceux qui ne sont jamais passés par là ne peuvent pas comprendre, ce n'est pas leur réalité, ils ne pensent pas que l'on va arracher les gens à ceux qui les aiment.
Bon courage, et dieu sait qu'il en faut, car soyons réaliste, ce sujet ne fait pas débat, on généralise, mais pas de cas par cas. La patate est trop chaude, des fois que cela nuirait à l'opinion publique qui va aller aux urnes.
Maryline

Yaqui - Paris et Citoyenne du monde 14/05/2006 23:26

J'ai Honte !
Honte des politiques qui ne respectent pas ce qui fait la fierté de la France dans le monde.. "Les droits de l'homme..."
Reprenez vous Messieurs les politiques et vous Monsieur le Préfet !
Donnez lui son titre de séjour... IL LE MERITE VRAIMENT...