Assez d'Humiliation ! Régularisez Sara Camara...

Publié le par Comité soutien Sara Camara


Le travail

Travail

Du travail irrégulier à l'immigration choisie


Que ce soit pour construire nos autoroutes ou nos logements, les travailleurs étrangers sont présents depuis très longtemps. Les premières lois relatives à l’immigration visaient à organiser leur arrivée pour reconstruire la France de l’après-guerre. Mais l'immigration « choisie » aujourd'hui est celle des diplômés, des qualifiés. Celle et ceux à qui la légalité est refusée sont contraints de travailler dans l'illégalité pour survivre.

Qu’ils doivent faire face à des procédures administratives longues avant d’espérer leur régularisation, ou qu'ils soient privés du droit au travail comme les demandeurs d'asile, de nombreux migrants se voient obligés de travailler dans l'illégalité pour leur survie.
Ils assurent alors souvent des travaux pénibles et peu qualifiés dans des secteurs tels que les travaux publics, le bâtiment, la restauration ou encore l’agriculture. Ces emplois sont parmi les plus précaires, car les employeurs n’offrent aucune autre garantie que leur parole pour le salaire et la durée de l’activité. Encore moins qu’ailleurs, les conditions de travail peuvent être remises en question.

Particulièrement vulnérables et ayant généralement une très faible connaissance du droit du travail, ces travailleurs migrants sont largement exploités. Leurs salaires, souvent inférieurs à la moyenne, ne sont pas soumis au paiement des cotisations sociales. Privés de leurs droits sociaux, leurs conditions de logement et leur état de santé sont en conséquence extrêmement précaires.
Cette situation n’évolue pas parce qu’elle est tolérée. L’exploitation des travailleurs étrangers profite principalement à leurs employeurs et ccessoirement à nous tous, consommateurs, si elle parvient à faire baisser certains prix. Elle fausse l’ensemble du marché de l’emploi en tirant vers le bas les salaires des ouvriers les moins qualifiés. Le travail irrégulier a donc un ensemble d’effets pervers : l’injustice faite à des êtres humains soumis à des conditions de vie déplorables et des entorses malsaines aux règles de notre vie en commun.

Réservé aux élites

Ils continueront à contribuer à l’activité des pays riches et à faire profiter leur pays d’une partie de leurs gains. C’est un fait durable, car le durcissement des lois destinées à freiner l’immigration n’a que des effets très limités et contribue surtout à aggraver les conditions de vie des sans-papiers. La nouvelle loi sur l’immigration aggrave encore la précarité des étrangers en opposant une immigration « subie », celle des familles ou des demandeurs d’asile, à une immigration « choisie » qui serait celle des migrants qualifiés et « utiles » à l’économie de la France.

On ne peut pas limiter la problématique de l’immigration aux seuls besoins de main d’oeuvre. En effet, ce serait limiter la personne à sa seule capacité productive en occultant son besoin et son droit de vivre en famille. Ainsi, les migrants qui ont contribué et qui contribuent toujours au développement économique de la France ne peuvent être assimilés à un produit consommable que nous pourrions jeter à volonté. « L’immigration subie » correspond à l’immigration des familles des personnes ayant constitué la main d’oeuvre qui ont fait la « grandeur » de la France des Trente Glorieuses. L’immigration n’est donc pas subie mais elle est la conséquence d’une immigration précédemment choisie.
L’immigration « choisie », réservée à l’élite, n’aura pour conséquence que l’accroissement de la précarité des migrants non qualifiés qui iront de fait grossir les chiffres des travailleurs irréguliers. « Pendant que la loi organise la fuite des cerveaux dans les pays du Sud, elle continue ainsi à tolérer officiellement la précarisation et l’exploitation de milliers de migrants travaillant à notre bienêtre.»

Témoignage :

Monsieur Camara

 

Monsieur Camara est de nationalité malienne, il est marié et père de trois enfants. Entré irrégulièrement en France en 1990, il est en mesure de prouver qu’il y réside et y travaille depuis 1992 sans discontinuer. Le 23 décembre 1992, il a été recruté en tant que gardien suppléant par les services de l’Etat pour assurer  l’entretien du monument de la Conciergerie à Paris, et depuis 1994 il suit assidûment des cours de français dans le cadre de la formation continue auprès du Ministère de la Culture et de la Communication.

A l’occasion d’une récente mise à jour des fichiers de son employeur, Monsieur Camara s’est vu dans l’obligation de dévoiler la vérité sur l’irrégularité de son entrée en France. A cette époque, placé devant la nécessité impérieuse de trouver un travail pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille restée au pays, il a fait appel à des intermédiaires qui lui ont promis de lui obtenir un titre de séjour lui permettant de travailler. Il ignorait alors que le document qui lui a été remis par ces intermédiaires était un faux, calqué sur la carte de résident de son oncle qui portait le même nom et le même prénom que lui. Par la suite, à chaque fois qu’il a envisagé de faire régulariser sa situation il a reculé par crainte de perdre son emploi.

La loi jusqu’ici applicable prévoyait la possibilité de régulariser la situation d’un étranger entré irrégulièrement en France, dès lors qu’il était en mesure d’apporter la preuve qu’il y résidait de façon continue depuis au moins 10 ans, ce qui est le cas  de Monsieur Camara. Néanmoins, cette même loi disposait également que l’on ne pouvait tenir compte des années de séjour passées sous couvert d’un document falsifié.

Dépourvu de titre de séjour valable, Monsieur Camara a donc perdu son emploi début 2006. Il a alors déposé une demande de régularisation de sa situation, ce qui lui a permis d’obtenir un document officiel l’autorisant à séjourner en France le temps que son dossier soit traité, mais sans qu’il puisse travailler. Il est également privé de tout droit aux aides sociales, à la sécurité sociale et aux indemnités Assedic, et ce malgré 13 années de cotisation. Il est aujourd’hui dépourvu de ressources et, bien qu’entouré par ses amis et ses collègues qui ignoraient tout de sa situation, il traverse aujourd’hui une période particulièrement difficile, tant sur le plan matériel que psychologique.

http://soutien-sara.camara.over-blog.com

Les pays connaissant les plus forts taux d’immigration sont aussi les pays les plus prospères – Etats-Unis, Canada, Australie, Afrique du Sud. En Europe, l’Allemagne, la Suisse et le Luxembourg. De 1991 à 1995, pour chaque hausse de 1% de la population d’un pays causée par l’immigration, le produit intérieur brut augmente de 1,25 à 1,5 pour cent (étude réalisée sur 15 pays européens).

Source : « Une approche équitable pour les travailleurs migrants dans une économie mondialisée », rapport du BIT, 2004





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